Mon ami l’état d’esprit

C’est avec les yeux encore un peu brouillés que je prends plaisir ce matin à m’asseoir face à l’écran de la libération. Je me rends compte qu’écrire devient un exutoire plus que vital pour moi. Grâce à lui, je retrouve l’espoir, même lorsque mes idées sont très noires. Imaginer ne plus pouvoir m’exprimer, ne plus transformer mes fichus maux en jolis mots serait très certainement la fin des haricots…

Je viens de passer quatre jours sans pouvoir regarder la lumière, couchée dans le noir par le virus qui m’a attaquée. Ce n’est rien de grave en soi, il s’agit seulement d’un petit bobo d’hiver qui est venu squatter mon corps de grand-mère. Mais je l’ai vécu comme l’injustice de trop, la douleur qui porte malheur, le signe que rien ne se termine.

J’ai eu quelques signaux avant-coureurs ces dernières semaines pour m’alerter que tout n’était pas aussi bien engagé que ce que j’imaginais.
Mon arrêt de travail a été prolongé pour fatigue aigüe sur corps de mémé.
J’ai dû traverser cinq jours et cinq nuits de douleurs musculaires atroces et féroces inexpliquées.
J’ai vu mon énergie se tarir à la vue des tâches quotidiennes qui s’entassaient.
J’ai senti mon sourire partir et parfois ne pas revenir.
J’ai beaucoup pleuré, je ne veux pas me mentir.

Mais ma chaleur intérieure m’a permis de vivre ces derniers temps en gardant le cap, en avançant lentement vers le lendemain, en croyant dur comme fer que ce passage n’était rien d’autre qu’un petit gravier à briser.
J’ai réussi à aider mon corps en terrible détresse à passer chacune de ces épreuves haut la main grâce à mon esprit plus malin.

Il me disait être sur le chemin de la remise à niveau de mon état de santé.
Il m’envoyait quelques signaux lointains de mes muscles demandeurs de liberté.
Il m’autorisait enfin à vagabonder vers de nouveaux et jolis projets.

Il a vraiment fait fort celui-ci, il m’a permis de surpasser des douleurs et des frayeurs dont n’importe qui aurait eu peur. J’ai eu confiance en lui, j’ai eu envie de me laisser pleinement porter par sa force et son énergie.
Je l’ai fait d’ailleurs, j’ai lui ai confié mon coeur.
Je lui ai parlé quotidiennement à ce bon ami.
Je l’ai remercié chaque jour de me donner la force et l’énergie de dépasser les petits aléas de ma vie.

Mais voilà qu’un virus de minus est venu fracasser cette fragile harmonie entre mon corps et mon esprit. Il s’est emparé du bon et du mauvais. Il m’a embarquée dans un drôle d’état désespéré. Mon moral a été chamboulé par les microbes de mon nez. J’ai même cru que j’allais succomber.
Ridicule vous me direz, un petit coup d’eau de mer aurait dû faire l’affaire?
Mais je ne voyais plus clair, tout était embrumé et mon ami l’état d’esprit s’était endormi. Je lui en ai probablement trop demandé à lui aussi.
Je me suis retrouvée, l’instant de quelques jours enrhumés emprisonnée dans mon corps épuisé sans aucune porte de sortie pour respirer, pour espérer…

Voilà comment ce petit événement est venu prendre le pouvoir sur tous mes espoirs.
Voilà comment un petit gravier peut s’avérer être un vrai gros boulet.
Voilà comment une harmonie trouvée se voit dégommée.

Si j’écris aujourd’hui, c’est que je l’ai retrouvé, lui, mon ami l’état d’esprit.
Ce matin, je vais bien. Mes yeux ne coulent plus, mon regard peut enfin supporter la lumière et tout ce qu’elle apporte à ma rivière : espoir, envie, mouvement, vie…

 

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