Émoi et moi et moi…

img_2991Il est fini le temps de savourer la première médaille, il faut se remettre au travail. Le chemin est encore long avant de parler de guérison ou au moins de rémission.

Le plus dur est derrière moi et maintenant, c’est le plus long qui m’attend.

Je dois me concentrer sur ma petite année de thérapie ciblée. Fin juillet prochain, je pourrai lui serrer la main, la remercier de m’avoir protégée, et lui signifier que plus jamais je ne veux la croiser.

C’est la peur au ventre que je l’appréhende celle-là et pourtant elle n’est vraiment pas dangereuse. Serais-je devenue peureuse?

Ma fille l’appelle la « So Cute » en référence à la technique utilisée en « sous-cutanée ». Elle a raison ma puce, ce n’est qu’une petite piqûre dans la cuisse toutes les 3 semaines. On a vu pire. Alors, pourquoi me donne-t’elle tant de peine?

Les effets secondaires sont de la rigolade, une sensation d’état grippal de 48 heures et seulement quelques douleurs. Il n’y a pas de quoi expliquer ma frayeur.

Je vais enfin pouvoir envisager de retrouver le chemin du boulot grâce à ce traitement plus léger et plus proche de la maisonnée. Alors, pourquoi suis-je si angoissée de me faire un peu piquer?

« Rrrrrh, je n’en peux plus de cette fragilité, de cette petite meuf qui a encore envie de chialer. Elle m’agace à se lamenter sur son sort, elle n’a qu’à faire un peu d’efforts. »

Et hop, me voici partie pour le marathon de la remise en forme avec tatouage de sourcils tous neufs, coupe de cheveux même s’il y en a peu, reprise du sport pour le réconfort…

Mais je ne suis pas dupe, je sais au fond de moi que mettre toute mon énergie au service de mon corps est un doux mensonge.

Il me permet surtout de ne pas sentir mon cœur qui pleure encore de douleurs et de me rendre à l’évidence que j’ai peur de l’avenir, bien que celui-ci s’annonce doux et meilleur.

Si je commence à penser à tout ça, à m’écouter, que va-t’il se passer? Est-ce que je vais m’écrouler? Ce serait quand même ballot de craquer maintenant alors que tout est forcément plus beau devant.

Si seulement je pouvais être assurée que toutes ces émotions à la limite de l’explosion ne m’emmènent pas en direction de la dépression…

Mais elles sont trop nombreuses, dispersées et effrayantes.

Pour l’instant, je me sens bien trop fragile et vulnérable pour leur laisser le champ libre.

Je préfère leur demander encore un peu de patienter. Je sais qu’elles sont là, je les ai identifiées, mais j’ai besoin de les contrôler.

J’ai bien conscience qu’il faudra que je les écoute vraiment si je veux m’apaiser et me retrouver au moins un peu comme avant : solide comme un roc, rapide comme un bolide, pétillante comme une étoile filante.

Mais elles ne m’empêchent pas d’avancer, d’être suffisamment bien pour sourire à la vie et je les en remercie.

Je vais tranquillement, à ma manière de petite guerrière leur faire la place nécessaire. Mais pour l’instant, je n’ai ni le temps, ni l’envie.

Lutter contre le retour de crabe est ma priorité. Après tout, il s’agit de ma vie.

8 commentaires

  1. Que je suis heureuse de t’avoir rencontrer … mais peut-être cela n’aurai jamais été possible autrement. À mon réveil voilà que cette inconscient ou peut-être le « conscient «  me rejoue des tours, qu’il me hante, qu’il m’engoisse et me raidit de peur. Puis je te lit et je comprends alors, que moi aussi, il faut que j’apprenne à le lesté ce mauvais moral parceque moi aussi je veux me préparer et être là plus forte possible pour commencer ce protocole vers ma guérison … Merci ma Dame Valoo 😉

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  2. Comment ne pas être fière de ma fille , son courage , sa bonne humeur malgré tous ses problèmes . C est une leçon de vie , c est un exemple pour beaucoup d entre nous qui avons tendance a se plaindre pour rien .

    Je t aime très fort

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  3. Bonsoir Valérie, je ne suis pas une grande fan des réseaux sociaux, mais ce soir je dois avouer que j’y ai découvert un message et un blog plein de vérités, d’expériences et d’espoirs. Mettre sa vie entre parenthèses une fois est un exercice difficile et je n’ose pas le penser une seconde fois. Tu es remarquable. Je t’embrasse. Isabelle

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