Souffrir pour être belle

Dans quelques jours, je retourne voir Docteur Pro Dulolo pour qu’il finisse le boulot.

Ce n’est pas parce qu’il a mal travaillé qu’il doit y remettre le nez. C’est seulement pour m’apporter confort et beauté.

Après avoir été ratiboisé et remplacé, mon nichon nécessite quelques finitions pour aller au bout de sa reconstruction.

Exprimé ainsi, on pourrait se dire que c’est un moment de plaisir qui m’attend. On pourrait même aller plus loin en évoquant le bonheur d’avoir enfin des beaux seins.

Mais en vrai, à l’intérieur de moi, ça n’est pas du tout ainsi que je le vis : j’ai peur de souffrir encore et pour rien.

Souffrir pour moins souffrir est mon quotidien. Mais est-ce que souffrir pour être belle doit faire partie du panel ?

Chaque semaine, j’ai des séances de kiné pour tenter d’améliorer la souplesse de mon néné. C’est primordial, mais ça fait très mal.

Chaque semaine, j’ai des crises de douleurs dans les pieds. C’est particulier de devoir marcher avec des fourmis et une sensation d’élastique très serré autour des mollets.

Chaque semaine, j’ai quelques nuits compliquées, perturbées par des bobos de ventre qui m’obligent à squatter les WC.

Chaque semaine, j’ai des matins envahis de douleurs musculaires que seuls des efforts et du sport peuvent faire taire.

Mais chaque semaine, je gère tout cela sans baisser les bras, car j’ai bien compris que ce quotidien était mien.

Cette nouvelle intervention est celle de trop. Je vais encore souffrir de ces nouvelles cicatrices et je ne sais pas comment je vais pouvoir les gérer. Mon agenda des douleurs est complètement booké.

J’ai bien conscience que je n’ai pas le choix. Cette opération doit apaiser les souffrances que je vis au quotidien depuis des mois. Et cerise sur le gâteau, elle doit aussi me faire jolie, comment ne pas dire « oui »?

Je suis un peu perdue je crois.

J’ai peur de ne pas surmonter cette épreuve là. Et pourtant, elle est bien ridicule par rapport au reste.

Bien que parfois, l’envie m’effleure de m’endormir pour l’éternité, je rêve plus souvent d’être agréablement surprise.

J’essaie de penser à mes futurs nénés fiers de leur fermeté et impatients de gagner un concours de tee-shirt mouillé.

Souffrir pour moins souffrir est mon quotidien. Souffrir pour être belle est ma réalité.

2 commentaires

  1. Bonjour vote message est si réaliste et toujours bien ecrit. Vous etes persévérante dans ce parcours médical que je ne menerai pas jusqu a cette étape tellement la souffrance est omniprésente. Souhaitant que cette etape soit douce.

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