Une quille

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Aujourd’hui, c’est la rentrée, l’heure est arrivée de reprendre le chemin de l’école, du travail ou des projets.

Moi, jolie guerrière qui fait les choses à l’envers, c’est un point final que je mets. J’ai enfin clôturé mon année de thérapie ciblée. Un bilan s’impose car ça n’a pas été tout rose.

Quatorze petites piqûres sont venues me trouer les cuisses.
Quatorze demi-journées dans une clinique pas sympathique.
Quatorze infirmières à qui j’ai réexpliqué mon histoire de néné.
Quatorze hématomes m’ont fait boiter.
Quatorze veilles nocturnes sombres et mouvementées.
Huit grippes m’ont couchée comme je ne l’avais jamais été.
Dix crises allergiques ont fait couler mon nez sans arrêt.
Des douleurs de pieds m’ont parfois empêchée de marcher.
Et tellement de journées où Mademoiselle Fatigue a squatté mon canapé…

Ce bilan, en le lisant me ferait chavirer, d’autant plus que cette petite dernière ne m’a pas épargnée, elle m’a même terrassée.
Mais je suis debout fière comme un paon, je l’ai fait, j’ai réussi, j’ai résisté.

Une nécessité s’est imposée pour clôturer, j’avais besoin de m’enivrer d’un doux péché. Et pour cette grande occasion, le champagne a coulé, oui oui, c’est bon pour la santé.
J’ai eu envie d’entendre les flûtes se cogner pour annoncer la fin de cette étape, de rire plus que de raison, et de sentir mon corps se balancer comme une quille.
Pour cela, mieux que l’alcool, je n’ai pas trouvé.
Alors, j’ai trinqué, j’ai bu, j’ai ri, j’ai titubé, je l’ai saluée, puis me suis écroulée dans les bras de Morphée.

Mais voilà, ce n’était qu’un passage de courte durée.
Oui c’est la quille, oui mes yeux brillent, mais je sais que je ne suis pas encore arrivée, le CancerAthlon n’est pas terminé.

Comme mes enfants, je dois continuer, changer de niveau et progresser.
Comme mon mari, je dois me concentrer sur les projets de cette rentrée.

Je rêve les prochains mois sans douleur et avec plus de douceur.
Ma prothèse me fait toujours terriblement souffrir, cela ne peut pas durer, je commence à la détester. Je la porte comme un boulet qui sans cesse me déséquilibre au point de me faire tomber. Mon épaule se penche vers l’avant pour tenter de la protéger, mais moi je désire plus que tout me redresser.

Mon hormonothérapie s’installe doucement dans mon quotidien, je la vis plutôt bien. J’ai quelques bobos que je gère avec soin, mais ma tristesse m’inquiète, bien que je la sente en ce moment moins présente.

Aujourd’hui, pour faire comme tout le monde et me mettre dans l’entrain, j’ai enfilé mes escarpins, de jolis talons « jaune poussin ».
Je croyais que grâce à eux, ce jour serait plus heureux. Mais ils n’ont pas procuré la sensation habituelle qu’ils me donnent à chaque rentrée.  Je suis bien trop fatiguée pour les supporter.

Je suis probablement trop pressée mais je m’impatiente déjà de revoir les Docteurs OncoVieuxBeau et ProDuLolo pour qu’ils me dévoilent la suite de l’aventure (dans l’espoir qu’elle soit moins dure).

J’ai besoin de savoir si je vais devoir être de nouveau opérée.
J’ai besoin de savoir si l’hormono s’acharne sur mon ciboulot.
J’ai besoin de savoir si, bientôt, je vais entrevoir le bout d’un chemin qui me convient.

Je n’ai que quelques semaines à attendre, à me ronger les ongles et me faire des scénarios pas toujours rigolos.
Pour patienter sans trop stresser, je vais m’occuper des jolies Roses Poudrées.

 

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