Les petites peurs

34c0d0ae-c89b-4b66-b90c-c3bd1a838cc9C’est enrhumée que j’entame cette nouvelle année. Mon petit corps fatigué a du mal à gérer. Cela fait trois semaines que je peine, que je mouche et que je tousse. Même les antibiotiques soi-disant magiques n’arrivent pas à soigner cette sinusite. Ils ont l’air de préférer s’attaquer à mon estomac et bonjour les dégâts.
Tout cela ne me semble pas dramatique et tellement logique avec mon physique de moustique. Et puis, mon moral est si bon que j’arrive à sourire de ma situation.

Il faut dire, qu’après ces deux dernières années, une chose est sûre, ce petit rhume ne va pas me tuer. Il m’embête un peu, car il retarde ma remise en forme tant espérée, mais s’il est là, c’est qu’il y a des raisons à cela.
Mon traitement d’hormonothérapie, destiné à me protéger, a tout dévoré sur son passage, mon corps est vidé, exténué.
Le Docteur OncoVieuxBeau parle de « fatigue invalidante ». Quel drôle de terme pour expliquer que je ne peux plus avancer même en restant très motivée. Il m’a donc mise en congés de cachets quelques semaines pour que je me remette sur pieds.
Je pensais, ces derniers mois, que Mademoiselle hormonothérapie était douce avec moi, que j’apprenais à vivre, à danser avec elle même, mais il semblerait que je me sois trompée. Nous ne sommes pas sur le même rythme toutes les deux, et sur mes pieds elle aime marcher. Grâce à elle, Dame sinusite s’est incrustée sans rien avoir à me demander puisque je n’ai plus aucune arme pour résister. La boucle est bouclée.

Aujourd’hui, je dois me décider à prendre un nouveau cachet. Il est deux fois moins fort que le précédent, donc meilleur pour mes globules blancs notamment. Son rôle demeure le même, me protéger d’une rechute éventuelle, d’une récidive invasive. Mais je ne peux m’en empêcher, j’ai peur de lui comme jamais. Je le regarde, je joue avec son emballage cartonné, puis je le range dans ma jolie pochette de médicaments pas chouettes.

Je ne sais pas si c’est à cause de lui, mais mes nuits sont devenues de la folie, envahies par les insomnies. Je pourrais en profiter pour manoeuvrer avec mon fer à repasser, mais je n’ai pas d’énergie, alors j’attends tranquillement que Monsieur Morphée veuille bien se montrer.
Tout cela ne me semble pas dramatique et tellement logique avec mon physique de moustique. Et puis, mon moral est si bon que j’arrive à sourire de ma situation.

La peur du cachet n’est certainement pas la seule responsable de mes nuits éveillées. Je porte en moi une petite liste qui pourrait les expliquer.
Cela fait deux ans que j’avance sur les genoux ou en rampant quand ça ne va pas vraiment. Aujourd’hui, tout est permis, j’ai le droit de me relever. Mais j’ai si peur de la prise au vent, de la claque dans les dents, que je préfère me faire petite, courber l’échine, me faire oublier de cette maladie vraiment pourrie. Et puis, je me suis habituée à sentir cette terre, ce sol tout près de moi, il me rassure, me dit que je suis en vie, loin des étoiles qui m’ont chanté de mettre les voiles.
Cela fait deux ans que j’ai peur de la nuit. Ce n’est pas à cause de sa couleur sombre et du manque de bruit, mais par crainte de ne pas ouvrir les yeux au lever du jour. C’est idiot probablement, insensé très certainement, mais c’est ancré en moi maintenant.
Cela fait deux ans que chaque semaine je suis contrôlée, inspectée par des experts du néné. Maintenant, c’est toute seule que je dois gérer. Et si ce crabe se radinait plus vite que la musique, s’il décidait de m’emporter avant même que je ne puisse le réaliser? Et oui, cette petite peur existe aussi.
Cela fait deux ans que je n’ai pas travaillé pour me concentrer sur ma santé. Aujourd’hui, elle est meilleure, je devrais donc commencer à me projeter vers un retour auprès de mes collègues qui m’ont tant manqué. Je m’en veux terriblement, mais je n’y arrive pas, je bloque sur mon état physique qui n’est pas fantastique.
Cela fait deux ans que mon rythme de vie a changé, il est plus lent depuis si longtemps. J’ai peur d’accélérer, de me remettre en mouvement et d’abîmer le reste de ce que j’ai. La fatigue me pèse énormément, elle emporte avec elle tout ce que j’ai, tout ce que je suis aussi. Il a raison le Docteur OncoVieuxBeau, elle est invalidante cette méchante.

J’ai peur de mourir, j’ai peur de souffrir, j’ai peur de ne jamais me retrouver. Quoi de plus normal après cette croisade en nomade?
En écrivant ces mots, je me rends bien compte que j’ai encore du boulot si je veux le dompter ce petit Morphée et retrouver une forme de normalité. En attendant, c’est un autre petit médicament qui va m’aider, certains soirs, à l’embrasser.
Mais, tout cela ne me semble pas dramatique et tellement logique avec mon physique de moustique. Et puis, mon moral est si bon que j’arrive à sourire de ma situation.

Alors voilà, c’est décidé, le nouveau petit cachet, c’est lundi qu’il fera sa rentrée… Pour le reste, je vais miser sur ma lucidité et ma ténacité… Je vais finir par y arriver.

Un commentaire

  1. C’est sur la bonne voie ! Il y a tellement de choses que je connais là dedans, juste moi c’est au réveil que j’ai peur parce que je vais encore souffrir, dormir est un soulagement mais reussir à dormir est très angoissant

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