Drôle d’ascenseur

J’aimerais tellement commencer ce texte par des jolis mots emplis de joie et de vitalité.
J’aimerais tellement être portée par ce sentiment de liberté que peuvent ressentir tous ces gens en déconfinement.
J’aimerais tellement déployer mes ailes et crier ma légèreté.
Mais je vais m’abstenir de tout cela, tenter de patienter, m’accrocher à l’espoir que ce n’est qu’un léger retard à mon égard.

Depuis plusieurs semaines, les vertiges me tiennent, me brouillent la tête, me donnent la nausée jusqu’à presque me faire tomber. Je m’accroche à tout ce que je peux trouver, je m’accroupis le temps de retrouver mes esprits mais je fatigue, je m’épuise.
J’ai cru à une petite chute de tension, une petite baisse d’énergie, un petit coup de mou comme on dit.
Je m’en suis voulue même de trop puiser dans mes ressources dès que mon corps me disait qu’il en avait. Je me suis comparée à une vielle batterie de téléphone, que je ne pouvais décemment pas utiliser complètement au risque d’être coupée en pleine activité.

Mais je commence à douter de ma théorie un peu pourrie. J’accumule des bobos pas rigolos, ils viennent s’empiler les uns aux autres et me pèsent un peu plus chaque jour. Ils m’alourdissent, me ralentissent, me tapent sur le système, me rendent un peu triste.
J’ai pour habitude de regarder devant, d’attendre mon bon moment, de me dire que ça va passer, que je vais ressusciter. Mais là, je ne sais pas, je ne sens pas, je ne vois pas.
Je persiste à me coucher chaque soir avec l’espoir de perdre quelques kilos de bobos durant mon repos. Mais rien ne bouge, rien ne progresse, les vertiges s’intensifient, les autres douleurs aussi. Je n’ai rien changé de mon quotidien, je n’ai ni abusé ni tout lâché, il n’y a aucune explication, j’au beau chercher, je ne trouve rien.

Je sais que mon traitement peut en être la raison, je sais qu’il est vital, que je dois m’y faire pour vivre plus longtemps, mais là, à cet instant je lui en veux terriblement. Il m’a poussée dans un vieil ascenseur à moitié cassé, il a appuyé sur tous les boutons et puis il s’est barré.
Je me suis sentie soulagée lorsque j’ai constaté que malgré son air cabossé, cet ascenseur était encore capable d’assurer. Il gravit les étages, il ouvre ses portes, il ne grince pas trop, il est même éclairé.
J’ai souri en sentant le courant d’air à l’ouverture de ses portes. Je me suis sentie en pleine vie en voyant toutes les options qu’il m’offrait.
À chaque étage, j’ai fait de jolies rencontres qui m’ont portée, m’ont donné envie de continuer avec lui.
Il m’a permis de découvrir de nouveaux angles de vues jusqu’alors inconnus.

Mais voilà, aujourd’hui, c’est au sous-sol que je me situe, portes bloquées, avec une espèce de lumière de sécurité qui clignote si fort qu’elle me donne le vertige. Je ne suis pas claustrophobe. Je suis largement capable de résister à une petite panne. Je suis même capable d’en rire, d’en profiter pour faire quelques Selfies souvenirs.
Mais cette fois-ci, ma patience et ma résistance sont mis à l’épreuve. La panne se prolonge, je n’ai aucun signe d’amélioration.
Je soupçonne clairement mon petit traitement de maintenir les portes fermées et cela ne me fait pas rigoler. Je suis prête à beaucoup de choses pour maintenir ma jolie vie, mais sincèrement si elle doit se limiter à vivre enfermée dans un ascenseur de douleurs, je ne vais pas tenir, j’en ai peur.

J’ai tout de même suffisamment de ressources pour tirer la sonnette d’alarme, crier sur le dépanneur pour qu’il me sauve rapido. Pour l’instant je l’attends encore, mais je m’engage à une chose : dès que je l’ai en face de moi, je ne le lâche pas tant qu’il n’aura pas fait tous les contrôles nécessaires, tests indispensables, réparations incontournables pour que plus jamais je ne retourne si bas, ce n’est pas une vie pour moi.

2 commentaires

  1. Bonsoir Valoo
    Tient bon, facile à dire, je comprends tes douleurs et comprends le ras le bol.
    Je suis de tout cœur avec toi.
    Pour tes nausées essaye le gingembre confit si tu aimes, perso c’est ce qui me soulage car je ne veux pas de médocs pour ça. Bien assez de la codéine et de l’ibuprofene.
    J’aimerais tellement essayer le canabis thérapeutique. J’ai vu ça dans un envoyé spécial, ça change la vie.
    Mais nos labo et nos politiques ne pensant qu’au profit, je pense que nous allons devoir attendre, bien qu’à priori il Est en cours de test en France. Malheureusement pour le moment on n’en entend pas bcp parler.
    Repose toi, écoute toi et profite du soleil qui soulage un peu.
    De tout cœur avec toi
    Bon courage
    Je t’embrasse
    Odile

    Aimé par 1 personne

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