Cancer un jour, Galère toujours …

C’est sur mon téléphone, au fond de mon lit, envahie et épuisée par une crise de douleurs, que je commence à rédiger ce nouveau papier. J’ai besoin de lâcher ma colère, de dire que j’en ai vraiment plein le derrière. J’espère, de cette manière, les anesthésier et même les faire dégager.

Quand j’ai très mal, je ne peux faire autrement que penser à ce fichu cancer qui fait d’une partie de ma vie un enfer. Je lui en veux tellement de me faire subir autant, de me diminuer, de ne plus être comme avant. Je ne comprends pas pourquoi il s’acharne sur moi, pourquoi il ne me lâche pas.

Il est endormi aujourd’hui et j’en suis bien plus que ravie. Il m’a enfin lâchée, il devrait donc me laisser respirer. Mais ce dont on ne m’avait jamais parlé, c’est des effets secondaires associés. Ils sont nombreux et plus terribles les uns que les autres.

Durant ma croisade de plusieurs années, j’ai traversé de multiples chirurgies, de la radiothérapie, des chimios à gogo, des thérapies ciblées et de l’hormonothérapie. J’ai parcouru chaque étape avec bravoure, courage et sourire. Je n’ai jamais baissé les bras malgré les bobos et les tracas.

Par ma ténacité, mon désir d’aider et ma soif de créer, j’ai transformé ce parcours en engagement au sein de ma Kommunauté. Chaque pas réalisé, depuis bientôt quatre ans, est extrêmement fatiguant mais tellement motivant.

Aujourd’hui, j’ai vraiment très très mal, et je sais que mes douleurs peuvent exploser en état de stress, de peine ou de fatigue. Le centre antidouleurs qui me prend en charge m’a bien expliqué cette notion de « ressenti » qui varie dans mon quotidien sans répit. Mes crises ne s’expliquent pas uniquement par mon état psychologique mais c’est un élément déclenchant évident.

Mon coeur est effondré et en colère depuis plusieurs jours maintenant. Je porte sur le dos le poids de l’injustice tel un fardeau bien trop gros.

Mon assurance immobilière refuse de considérer mon invalidité. Elle estime, du haut de sa tour, que je suis en incapacité de travail partielle et qu’il suffit, selon elle, d’utiliser mon cerveau pour faire quelque chose de nouveau. N’étant pas d’accord sur ce sujet, et bien, j’ai contesté en pensant naïvement qu’ils n’avaient peut-être pas compris tous les éléments.

Je me retrouve face à une organisation administrative qui, comprenant que je conteste, ne révise pas ma situation, mais gagne du temps en me demandant des tonnes de documents. Il semblerait que ce soit une démarche bien rodée afin d’épuiser des malades fatigués pour qu’ils finissent par abandonner, céder leurs droits en faveur de je ne sais qui, je ne sais quoi.

Cette situation me met en rage et aussi en nage. Je n’en peux plus de me battre, j’ai tout donné.

Je viens seulement d’assimiler que ce cancer m’a volé ma carrière, m’a abîmée à jamais, m’a dérobé mes projets. Tout cela, je l’ai accepté car la vie il m’a laissée.

Mais je n’accepte pas que des médecins du papier viennent m’expliquer mon état, qu’ils se croient suffisamment protégés par la distance pour oser acter que je suis en mesure de bosser et de payer mon prêt immobilier.

Je n’accepte pas être traitée de façon inhumaine et humiliante depuis tant de mois par leurs courriers et le fameux médecin qui m’a soit-disant évaluée.

Je n’accepte pas que le cancer n’aille que dans un sens : la vie oui, mais au détriment de tout le reste. La vie a un prix et je pense l’avoir suffisamment payé, il serait aimable de commencer à me rembourser.

Je vois trop de femmes qui sont des situations de grande précarité suite à cette fichue maladie, trop de femmes qui abandonnent les combats par manque d’énergie, trop de femmes tellement vulnérables qu’elles se font arnaquer sans broncher.

Avec impatience aujourd’hui, j’attends que ma crise de douleurs s’apaise, que mon courrier du coeur luis fasse peur. Ensuite, je reprends le combat. Je ne lâcherai pas, j’obtiendrai ce que cette assurance me doit. Je le ferai pour elles et pour moi.

4 commentaires

  1. Bonsoir Valérie.

    Je lis sagement tous tes papiers et franchement tu es formidable pour tout ce que tu fais, ce que tu vis, ce que tu supportes.

    Nous ne sommes pas amies, mais tu as tout mon soutien dans tout ce que tu entreprend, vis et supportes.

    Je t’ai dit que je passerai un jour, j’espère pouvoir tenir mon engagement et te féliciter de vive voix.

    Bonne soirée.

    Aurélie LEMOINE.

    Envoyé de mon Galaxy model_name Orange Télécharger Outlook pour Android ________________________________

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  2. Valerie

    Tu es formidable de ténacité et de cœur .
    Continue à te battre contre les injustices , je suis à tes côtés .

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