2011…2018 : Même punition

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Partage d’un petit texte écrit en 2012: La peur de la mort n’est pas un vilain défaut

J’ai longtemps pensé que les personnes ayant peur de mourir se retrouvaient tétanisées au point de ne plus pouvoir agir et penser librement.

Ce sentiment effrayant que la vie puisse s’arrêter soudainement sans avoir pu faire tout ce qu’ils auraient souhaité les empêchait de vivre pleinement.

Aujourd’hui, mon expérience de la maladie me fait revoir mes croyances à ce sujet.

Tout d’abord, j’ai peur de mourir, alors que je ne m’étais jamais posée réellement cette question jusqu’alors puisqu’elle était destinée aux faibles, aux vieux avant l’âge.

Cette peur est présente au quotidien, et contrairement à ce que j’imaginais, elle ne m’empêche pas de m’épanouir et de sourire à la vie. Cela continue de m’étonner, mais j’ai le sentiment que cette peur est une sorte de ressource ou de “booster”.

En effet, le temps est devenu précieux à mes yeux :

– Je ne supporte plus de perdre mon temps à faire des choses qui ne me plaisent pas et je me concentre pleinement sur ce qui m’épanouit. Je le fais inconsciemment et le constate après coup, mais cela semble quasi systématique.

– Je n’attends plus pour faire ce que je peux faire maintenant : et oui, toutes les petites demandes de nos enfants, notre conjoint ou bien nos collègues auxquelles on répond “plus tard”. Et bien là aussi, je me rends compte que j’y répond très souvent dans l’instant!

Mes relations avec mes amis sont plus fortes :

Je leur dis naturellement et sans complexe que je les aime, qu’ils sont beaux ou bons. Cela peut paraître “bisounours” comme démarche, mais j’ai été saisie par ce besoin express de nommer ce que je ressens sans attendre “le bon moment qui n’arrive que trop rarement”. et j’ai été tout aussi surprise de l’effet que cela produit sur ceux qui reçoivent ces paroles sincères.

Ma capacité à relativiser s’est développée :

Je suis une personne naturellement posée et en capacité à prendre de la hauteur dans la vie. Mais là, je ressens encore plus de hauteur. J’observe autour de moi tous ces gens qui s’agitent et qui stressent, je les regarde et je ne comprends pas pourquoi ils réagissent ainsi? à quoi bon? quel est l’enjeu? Vont-ils mourir? non, ils vont juste être en retard à une réunion. Je me demande-même parfois si je vis bien dans le même monde.

En fait, je crois que cette peur me rend surtout plus sincère et plus proche de mes émotions, ce qui n’a pas que des avantages car je pleure aussi, et bien plus souvent qu’avant.

J’ai vécu une expérience traumatisante qui m’a changée et qui me rend meilleure pour moi-même, j’en suis encore surprise.